30 juin 2020

Le Comptoir Des Souvenirs Perdus

Le comptoir des souvenirs perdus - La caboche à babioles - poésie - chanson - souvenirs perdus - chanson d'amour -

Seul, je songe au milieu de la nuit
Je prends un café, croise et décroise ma vie

Flous, au bout d’une cigarette
Mes souvenirs s’envolent
Entre cendres et lucioles 
Comme au bistrot des poètes

Là, je voudrais disparaître
Souffler pour m’étourdir
Ma vie dans un soupir
Loin, à travers la fenêtre

Dans mon habit de grisaille, j’ouvre le bal
Sur le comptoir des souvenirs perdus… fou
Dans la buée, je cours après une étoile
Au vieux troquet où je t’ai reconnu

Seul, je danse au milieu de la nuit
Plongé dans le noir, tourne et retourne ma vie

Même les minutes s’évaporent
Déjà bien consumé
Le temps part en fumée
Valse au milieu du décor

Rien, ici tout semble froid
Ne soulage ma brûlure
Ce mégot me torture
Rien, je ne pense qu’à toi

Dans mon habit de grisaille, j’ouvre le bal
Sur le comptoir des souvenirs perdus… fou
Dans la buée, je cours après une étoile
Au vieux troquet mais tu as disparu

Las, je songe au milieu de ma vie
Mais il est trop tard, seul je repars dans la nuit

20 février 2020

Par petits mots


Les deux dames s’en vont bras dessus, bras dessous
Emportant leur passé
Et le temps se déroule patiemment et se noue
Au bout de leurs souliers
Elles regardent tomber les secondes qui s’échouent
Tous les jours sous leurs pieds
Et avancent doucement s’entraînant jusqu’au bout
Pour ne pas s’effondrer

Bosse contre bosse
Tête contre tête
Le poids du temps
Courbe le dos
De deux oiseaux
Qui lentement
S’en vont tout bas
Par petits pas
Par petits mots

Grelottant sur leurs jambes qui vacillent sans répit
D'un frisson de chandelles
Elles traversent la rue et caressent la vie
Mais du bout de leurs ailes
Promenant leurs pensées brodées au creux du nid
Petits points de dentelle
De lointains souvenirs s’évaporent sans un bruit
Au-dessus des ruelles

Bosse contre bosse
Tête contre tête
Le poids du temps
Courbe le dos
De deux oiseaux
Qui lentement
S’en vont tout bas
Par petits pas
Par petits mots

En les voyant passer sous nos yeux chaque jour
Le temps semble éternel
Même si tracassés, on attend leur retour
En p’tit tour ponctuel
Toutes les demoiselles qui s’efforcent toujours
De répondre à l’appel
Se changent en hirondelles et finissent un beau jour
Par rejoindre le ciel

Bosse contre bosse
Tête contre tête
Le poids du temps
Courbe le dos
De deux oiseaux
Qui lentement
S’en vont tout bas
Par petits pas
Par petits mots

02 décembre 2019

Les larmes du crocodile




Quelques larmes de trop
Tombées d’on ne sait où
Font leur grand numéro
En roulant sur tes joues

Parfois les larmes 
De rien du tout
Sont des secondes
Dont on se fout
Ce sont des larmes
Sans importance
Un vague à l’âme
Par négligence

Les larmes du crocodile
On ne les entend pas
Ce n’est que pacotille
De larmes sans éclat

Elles sont pourtant si belles
Plus rondes que des bulles
Mais seront toujours celles
Auxquelles on ne croit plus

Parfois les larmes 
Qui sont tombées
Au bord de l’âme
Sont oubliées
Ce sont des larmes
Sans gravité
Un vague à l’âme
Qui s’est trompé

Les larmes du crocodile
On ne les entend pas
Ce n’est que pacotille
De larmes sans éclat

Et dès qu’elles se suicident
Du haut de leur émoi
Elles tombent dans le vide
Plus personne ne les croit

Souvent les larmes 
Abandonnées
Sont des poèmes
Inachevés
Ce n' sont des larmes
Que de tendresse
Qui rendent l’âme
Par politesse

Les larmes du crocodile
On ne les entend pas
Ce n’est que pacotille
De larmes sans éclat

....................................................................

© Mélodie : Guy Trépanier, janvier 2020
© Paroles et dessin : Betty, décembre 2019

29 novembre 2019

Arachnéenne

Arachnéenne - chanson poétique - poésie - chanson arachnéenne - chanson sur l'araignée - La caboche à babioles - babioles - dessin à l'encre -
L’araignée se suspend aux cheveux roux du soir
À la lueur du jour qui lentement décline
En glissant sur son fil si légère dans le noir
Pour piéger dans sa toile une étoile de platine

À quoi rêve-t-elle
Petite reine
Tombée du ciel
Rivée au fil
De mes pensées
Arachnéennes

Et la lune sous ses yeux comme des grappes de jais
Éparpille ses étoiles en éclats de diamant
L’artistarentuleuse brode enfin son couplet 
Un ourlet de dentelle au long du firmament

La lueur océane dépose dans son filet
Une fébrile étincelle qui jusqu’au lendemain
Lui confie ses désirs et ses espoirs secrets
Puis au bout de la nuit, peu à peu, elle s’éteint

À quoi rêve-t-elle
Petite reine
Tombée du ciel
Rivée au fil
De mes pensées
Arachnéennes

Dès que l’aube se hisse l’araignée recommence
À tisser dans son lit tous ses rêves mortels
En attendant la nuit avec tant d’impatience
Elle remonte sur son fil pour rejoindre le ciel

20 novembre 2019

Le petit moteur




Depuis que je suis né 
Il y a quelque chose 
Qui me casse les pieds
Comme la fée clochette
Comm' le magicien d’Oz
Qui m’ retourne la tête
En me sonnant les cloches
Jusqu’à l’apothéose

Coincé dans ma caboche…

J’ai un petit moteur
À manivelle
Un petit emmerdeur
Juste une crécelle
Qui tourne à l’intérieur
En ritournelle
Comme un cyclomoteur
Une grande sauterelle
Un p’tit truc sans valeur
Qui bat de l’aile

Ça fait des confettis
M’ secoue le cogito
Dès que je réfléchis
Ça fait des étincelles
Il m’enfume illico
Sous son p'tit air rebelle
Et me presse le citron
En jouant du pipeau

Planqué dans le cloch'ton…

J’ai un petit moteur
À manivelle
Un petit emmerdeur
Juste une crécelle
Qui tourne à l’intérieur
En ritournelle
Comme un cyclomoteur
Une grande sauterelle
Un p’tit truc sans valeur
Qui bat de l’aile

C’est lui qui fait la loi
Même s’il est, je l’avoue
Pas plus gros qu’un p’tit pois
Quand je perds les pédales
Il se change en gourou
Et m’ siphonne le bocal
Il s’agrippe au plafond
Et s’attache comme un pou

Collé au carafon…

J’ai un petit moteur
À manivelle
Un petit emmerdeur
Juste une crécelle
Qui tourne à l’intérieur
En ritournelle
Comme un cyclomoteur
Une grande sauterelle
Un p’tit truc sans valeur
Qui bat de l’aile

....................................................................

© Musique : Frédo Bégnon, décembre 2019
Chanson inscrite à la Sacem
© Paroles et dessin : Betty, novembre 2019

03 novembre 2019

Pour du beurre


Ce n'est rien qu'un bout de ficelle
Qui s’effiloche au coin du ciel
Comme un brin de laine oublié
Lové dans une poche trouée

C’est vrai qu’un bout de fil
C’est souvent inutile

À l'œil nu
Cela n’a l’air de rien
Décousu
Un petit fil de rien
Si futile
Qu’il dépasse de mon cœur
Qui s’effile
Et compte pour du beurre

C’est vrai qu’il est si bien rangé
Dans le tiroir de mes pensées
Que jamais personne ne le voit
Qu’il ne sait pas ce qu’il fait là

Et du bout de sa peine
On le remarque à peine

À l'œil nu
Cela n’est pas grand-chose
Tout au plus
Une si petite chose
Qui est là
Sans doute par erreur
C’est comm’ ça
Il compte pour du beurre

Perdu tout au fond de l’armoire
Entre mes rêves et mes espoirs
Dessous son long manteau de brume
Il a perdu toutes ses plumes

On n’ le remarque pas
Puisqu’il n’existe pas

À l'œil nu
Cela n’a l’air de rien
Si ténu
Au milieu d’un refrain
Et je tiens
Serré contre mon cœur
Ce chagrin
Qui compte pour du beurre

28 octobre 2019

Géraldine

Géraldine - chanson poétique - chanson vegane - plante verte - jolie plante - poésie - la caboche à babioles
Il est une tendre créature
Plantureuse en toutes saisons
Et comme un don de la nature
Elle s’épanouit dans le salon
La jolie plante qui faisait mouche
En effeuillage et jeux fripons
Prenait son pied dessous la douche
Grimpant tout droit jusqu’au plafond

Son feuillage en amande
Danse la sarabande
Son parfum, mon idylle
Embaume la chlorophylle

Sans lui jeter des fleurs
Elle retourne les cœurs
Jusqu’au bout des racines
Géraldine…

Un brin de vent qui l’émoustille 
Par la fenêtre tout en soufflant
Dans ses rameaux qui s’entortillent
Elle prendrait bien la clef des champs
En s’épanchant sous l’arrosoir
Même quand elle se prend un râteau
Au fond dès qu'il cesse de pleuvoir
Sa binette brille dans les carreaux

Et quand elle se fait belle
Elle fleurit à la pelle
Si vivace et sereine
Prends-en donc de la graine

Sans lui jeter des fleurs
Elle retourne les cœurs
Jusqu’au bout des racines
Géraldine…

Ne vous déplaise, amis véganes
J'exterminerai tous les pucerons
Pour m’enivrer d'une tisane
Pour entret'nir cette passion
Et contre tant de parasites
Je déploierai tous mes efforts
Je goberai même les termites
Je redeviendrai carnivore

Sans vouloir vous couper 
De l'herbe sous le pied
Quand bien même on ratisse
Son terreau à malice

Elle ne sera jamais
Une sinistre godiche
Plantée comme un piquet
Au fond d’une potiche

Sans lui jeter des fleurs
Elle retourne les cœurs
Jusqu’au bout des racines
Géraldine

23 septembre 2019

Mon grain de sel




J’ai ramené mon grain de sel
Un petit truc qui faisait mouche
Une broutille, une étincelle
Qui était tombé de ma bouche

Je l’ai sans doute ramassé
Au beau milieu de la mêlée
Seulement on ne l’attendait pas
J’avais mis les pieds dans le plat

Il y a parfois
Dans la bataille
Un grain de sel
Qui me tenaille

Assaisonnant cette querelle
Qui balançait ses grains de sel
Tombés au fond du saladier
L’addition devenait salée

J’ai retrouvé mon grain en miettes
Comme une pincée d’amertume
Mais à prendre avec des pincettes
Et seulement du bout de la plume

Il y a souvent
Une vétille
Un grain de sel
Qui me titille

Et ça tournait en ritournelle
Comme la langue dans ma bouche
J’ai avalé mon grain de sel
Pour ne pas reprendre la mouche

Depuis je garde le silence
Lorsque j’entends que ça balance
Et bien planqué dessous le plat
Mon grain de sel rien que pour moi

Il y a depuis
Dans mon moulin
Un grain de sel
Qui ne dit rien

Il y a pourtant
Bouche cousue
Un grain de sel
Qui vous salue

....................................................................

© Mélodie : Guy Trépanier, octobre 2019
© Paroles et dessin : Betty, septembre 2019

19 septembre 2019

Insatiable


Un jour, je suis tombée sur terre
J’avais pourtant rien demandé
Même pas rempli de formulaire
À moins d'avoir sauté des lignes
Entre les points, je suis tombée
Au beau milieu d’un champ de rimes

Depuis je mange
Beaucoup de lettres…
Comm’ c’est étrange !

Penchée sur mon bureau
Pour compenser le vide
Je m’empiffre de mots
Insatiable et vorace
J’accommode le vide
Qui prend toute la place

Entre les pages de mon cahier
J’ai saupoudré bien trop de mots
Que reste-t-il de l’alphabet
Je l’ai mangé et sans complexe
Jusqu’à la pointe du stylo
Tombé dans un bol de corn-flakes

J' mange par hasard
Tant de syllabes…
Comm’ c’est bizarre !

Penchée sur mon bureau
Pour compenser le vide
Je m’empiffre de mots
Insatiable et vorace
J’accommode le vide
Qui prend toute la place

En essuyant des apostrophes
Pour ne pas rester sur ma faim
Je croque dans de longues strophes
Je veux me nourrir de chansons
Juste avant que tombe la fin
Comme un point de ponctuation

J' mange à la louche
Bien trop de mots…
C’est vraiment louche !

Penchée sur mon bureau
Pour compenser le vide
Je m’empiffre de mots
Insatiable et vorace
J’accommode le vide
Qui prend toute la place

16 septembre 2019

Les Trolls




Parti à la cueillette
Au beau milieu des bois
En flânant sur le net
J’ai trouvé cette fois
De sacrés spécimens
Qui filent des boutons
Des hallucinogènes
Comme les champignons

Au fond de la forêt
Il y a des farfadets
Quelques lutins des bois
Et même quelquefois
Au milieu des girolles
Une colonie de trolls
Qui bavote en cachette
Au fond de la cuvette

J’ai vu dans la broussaille
Un tas de fruits véreux
Et tout un éventail
De pièges vénéneux
Et même les lombrics
Qui grouillent et t’asticotent
Sirotaient l’alambic
Des truffes et des pleurotes

Au fond de la forêt
Il y a des farfadets
Quelques lutins des bois
Et même quelquefois
Au milieu des girolles
Une colonie de trolls
Qui casse les boulettes
En jouant les vedettes

Au fil de la journée
Morveux et cervelots
M’avaient tous refilé
Un rhume de cerveau
Toutes les coulemelles
Toutes les couilles molles
Du monde virtuel
Se transformaient en trolls

Au fond de la forêt
Il y a des farfadets
Quelques lutins des bois
Et même quelquefois
Au milieu des girolles
Une colonie de trolls
Qui finit en omelette
Et tombe aux oubliettes

....................................................................

© Musique : Frédo Bégnon, janvier 2020
Chanson inscrite à la Sacem
© Paroles et dessin : Betty, septembre 2019

09 septembre 2019

Une araignée au plafond

Une araignée au plafond - araignée - chanson amusante - humour - poésie - la caboche à babioles - dessin à l'encre - chanson drôle - chanson poétique
L’araignée ne tourne pas rond
Et sans ambages dans le citron
Batifole au fond des traboules
En grillant des têtes d’ampoules

Remontant les pendules
Elle file droit dans le noir
Dans les têtes de mule
Et les têtes de lard

C’est une araignée au plafond
Qui se faufile dans le siphon
Elle t’embobine de fil en fil
Même si parfois elle se défile
Elle se débine, c’est pas de bol
Pour te faire perdre la boussole

Au fond de la boîte à méninges
Bien encordée au fil à linge 
Et pour le rendre conductible
Elle te fait péter un fusible

Même dans les têtes en l’air
Dans le fond elle tricote
Ça fait des courants d’air
Dès qu’elle file sous la hotte

C’est une araignée au plafond
Qui se faufile dans le siphon
Elle t’embobine de fil en fil
Même si parfois elle se défile
Elle se débine, c’est pas de bol
Pour te faire perdre la boussole

Elle fait des bulles sous le chapeau
En soufflant dans le ciboulot
Elle se faufile, se carapate  
En attendant que ça éclate

Et sur un coup de tête 
Perchée sous la coupole
Dès que tu perds la tête
Parfois elle dégringole

C’est une araignée au plafond
Qui se faufile dans le siphon
Elle t’embobine de fil en fil
Même si parfois elle se défile
Elle se débine, c’est pas de bol
Pour te faire perdre la boussole

31 août 2019

Swingum

Swingum - La Caboche à Babioles - Paroles de chanson de Betty - Chanson chewing-gum - chanson swing rigolote
Mes pieds chewinguent / comm’ de la gomme
Un air de swing / Duke Ellington
J’aime quand ça swingue / à Bollywood
Et sur le dancing / au coude à coud’ 
Boggie-woogie / tous sur la piste 
J’ai des envies / d’un little twist 
En petits pas fleuris / ou mentholés
En fil, ça rebondit / sur le plancher

J’ai le swing qui me colle à la peau
Comme un chewing-gum
Hey ! J’ai du swingum dans la peau
Quand j’ouvre la radio

Tout un mystère / et boul’ de gomme
L’élastomère / qui se dégomme
En pâte à mâcher / c'est caoutchouc
À trop ruminer / ça devient mou
Un malabar / à mes semelles
De la bagarre / aux étincelles
Mais en déconfiture / ou en dragées
C'est toujours un peu dur / à mastiquer

J’ai le swing qui me colle à la peau
Comme un chewing-gum
Hey ! J’ai du swingum dans la peau
Quand j’ouvre la radio

En pas flexibles / ou à ressort
C’est extensible / même au fluor
Et même ramollo / c’est fantastique
Comme le grand saut / à l’élastique
Roi de l’impro / tout en souplesse
Dans le piano / ça fait des tresses
Même les cordes s’emmêlent / sur le parquet
En tirant les ficelles / jusqu’à Broadway

J’ai le swing qui me colle à la peau
Comme un chewing-gum
Hey ! J’ai du swingum dans la peau
Quand j’ouvre la radio