21 mars 2021

Pas à pas

 

On ne peut résumer
En un mot, une vie
La vie nous appartient
Mais les mots sont gratuits
Tous les mots sont vivants
Et libres à l’infini

Et voilà maintenant
Pourquoi j’écris


J’écris pas à pas
Pour apprendre à danser
Sur la toile, dans les livres
Sur des bouts de papier
Sur les murs des cités
Des maisons, des palais
Sur les grilles des prisons
Pour les mots que l’on tait
J’écris pour un fou
Un mendiant ou un roi
Le vieillard ou l’enfant
Et ceux qu’on ne voit pas


Les mots n’ont pas de prix
Que celui de la vie
De la pierre à la plume
Ou de l’encre à la nuit
En soufflant sur la brume
Ils recouvrent le bruit

Et voilà maintenant
Pourquoi j’écris


J’écris pas à pas
Pour apprendre à danser
Sur la toile, dans les livres
Sur des bouts de papier
Sur les murs des cités
Des maisons, des palais
Sur les grilles des prisons
Pour les mots que l’on tait
J’écris pour un fou
Un mendiant ou un roi
Le vieillard ou l’enfant
Et ceux qu’on ne voit pas


Quand le silence est d’or
Les mots bercent la vie
En glissant sous la plume
Comme un collier de pluie
Qui offre ses diamants
Et scintille sans bruit
 
Et voilà maintenant
Pourquoi je vis

Je vis pas à pas
Pour apprendre à danser
Sur la toile, dans les livres
Sur des bouts de papier
Sur les murs des cités
Des maisons, des palais
Sur les grilles des prisons
Pour les mots que l’on tait
Je vis comme un fou
Un mendiant ou un roi
Le vieillard et l’enfant
Pour danser pas à pas


Voilà pourquoi je vis
Si j’écris c’est pour ça


Pour danser, danser, danser
Danser, danser, danser
Danser, danser, danser…
Et danser dans tes bras

03 mars 2021

L'amour à deux vitesses

 

 Tu me dis de me taire
D’ fermer ma gueule
Y a rien à faire
Parfois tu m’ dis encore
Que ça résonne mal
Que ça raisonne trop
Combien c’est un peu fort
Combien ça sonne faux

Ce n’ sont pas les plus beaux
Ni ceux d’Apollinaire
Ce sont pourtant mes mots
Y a rien à faire
Faudrait seul’ment
Changer de peau
Pour avoir l’air
D’ chanter à la manière
D’Éluard ou de Prévert


Et même si tu me dis
Qu’ y a ceux qu’on aime
Et ceux qu’on laisse
J’ peux pas imaginer
L’amour à deux vitesses


Même avec ou sans masque
Ça ne va pas
Quoi que je fasse
Je n’aurai jamais l’air
D’avoir la même couleur
Que ta peau, que tes mots
De c’ qu’il faut que je sois
Pour être comme il faut

Ce n’ sont pas les plus beaux
Et pas ceux de Baud’laire
Ce sont pourtant mes maux
Y a rien à faire
Faut-il vraiment
Changer de peau
Pour avoir l’air
D’ chanter à la manière
D’ Rimbaud ou de Césaire

Et même si tu me dis
Qu’ y a ceux qu’on aime
Et ceux qu’on laisse
J’ peux pas imaginer
L'amour à deux vitesses


Tu me dis de me taire
D’ fermer ma gueule
Y a rien à faire
Je vis, quoi qu’on en dise
Et porte dans mon sang
La couleur et le chant
De mille voix que l’on brise
Et qui s’élèvent
Pourtant

21 février 2021

Pour une fois

 

Les jours de pluie
Le ciel bricol’ tant de nuages
Façonnés en pâte à mod’ler
Sur ton visage

Comme une page
Je repeindrai le brouillard en couleurs
Puis j’arrach’rai le mauvais temps
D’un coup de vent


Pour une fois
Viens avec moi
J’ voudrais m’envoler avec toi
Comm’ un oiseau ou comm’ un voleur
Pour voler notre cœur
Pour voler dans tes bras

Quand tout est gris
Le ciel embrumé dans tes yeux
S’en va semer des grains de peine
Dans mes cheveux

Comm’ dans un jeu
Je barbouill’rai des rayons de couleur
Puis j’ balay’rai dans la pagaille
Ton air grisaille


Pour une fois
Viens avec moi
J’ voudrais m’envoler avec toi
Comm’ un oiseau ou comm’ un voleur
Pour voler notre cœur
Pour voler dans tes bras


Quand tout est blanc
Moelleux petits cotons de neige
Couvrent en pompons tes souvenirs
En sortilèges

Comm’ un tableau
Je gribouill’rai une histoire en couleurs
Et puis j’ gomm’rai du bout des doigts
Les jours de froid


Pour une fois
Viens avec moi
J’ voudrais m’envoler avec toi
Comm’ un oiseau ou comm’ un voleur
Pour voler notre cœur
Pour voler dans tes bras  

 

15 février 2021

Comme un petit je ne sais quoi

 

Comme un petit je ne sais quoi - Chanson de Betty les babioles - Paroles de chanson - poésie

En flânant en chemin
J’ai trouvé une lettre
Au milieu d’un jardin
Où dormait un poète

Avec sa gueule de mioche
Et ses petits mots doux
Il semait de ses poches
Papillons de partout

Au milieu des genêts
Entre deux lettres
Il rêvassait


Il s’était sauvé
De bonne heure
Parce que le bonheur
N’attend pas
Mais il avait
Au fond du cœur
Comme un petit
Je ne sais quo
i

Entre l’encre et la plume
Au milieu du décor
Le facteur je présume
Cherchait l’œil de l’aurore

Dans le soleil levant
Pour redonner des ailes
À son âme d’enfant
Et danser dans le ciel

Dans l’enclos de l’été
Entre deux lettres
Il s’évadait


Il s’était sauvé
De bonne heure
Parce que le bonheur
N’attend pas
Mais il gardait
Au fond du cœur
Comme un petit
Je ne sais quoi


Les plis du messager
En un clin de soleil
Rejoignaient en secret
Un ballet d’hirondelles

Car à défaut d’avoir
Le pouvoir de voler
Il semait chaque soir
Ses songes de papier

Dans le champ azuré
Entre deux lettres
Qui s’envolaient


Il s’était sauvé
De bonne heure
Parce que le bonheur
N’attend pas
Il s’élançait
Au fond du cœur
Comme un petit
Je ne sais quoi


31 janvier 2021

Terre-Mère

 

Près d’une fourmilière, en cortège elles avancent
De petit’s âmes noires aux fragiles légions
Défilent entre nos pas en longue procession
Sur la ligne invisible qui longe l’existence

Des points de repère
Traversent la Terre
Mère

Au milieu du feuillage dressé en forteresse
Une armée de fourmis emporte ses trouvailles
Déposées dans la terre, dans le champ des étoiles
En cultivant l’amour de la vie en richesse

Enterrées dans l’humus pour creuser des tunnels
Grouillant de part en part et protéger la reine
Chaque jour, leur ouvrage qui prolonge leur peine
Occasionne sans relâche un effort criminel

Des points ordinaires
Retournent à la Terre
Mère

Au milieu du feuillage dressé en forteresse
Une armée de fourmis emporte ses trouvailles
Déposées dans la terre, dans le champ des étoiles
En partageant l’amour de la vie en richesse

Affairés à la tâche journalière de nos vies
Notre humble condition est aussi misérable
Vulnérables insectes au destin périssable
Nous suivons notre sort comme un rang de fourmis

Un orme aux yeux verts
Recouvre la Terre
Mère

Au milieu des forêts dressées en forteresse
On emporte ici-bas, mille et une trouvailles
Récoltées dans la terre, dans le champ des étoiles
En recevant l’amour de la vie en richesse

Au souffle de l’air
On vient de la Terre
Mère

Par-delà les forêts qui recouvrent nos pas
On emporte ici-bas, mille et une trouvailles
Recueillies dans la mer qui s'irise d'étoiles
Nous berçant tendrement dans le creux de ses bras

Entre terre et mers
Elle est notre Terre
Mère

21 janvier 2021

Un vieux clown

Un vieux clown - La caboche à babioles - paroles de chanson - Chanson sur l'hiver - Bonhomme de neige - chanson
On ne pourrait trouver
Le cœur d’un grand gamin
Au rayon surgelé
Entassé dans un coin

Non ne recherchez pas
Son âme vagabonde
Pour la décongeler
Au fond d’un micro-ondes

Dès que l’amour s’éboule
De maison en maison
Toi, tu te mets en boule
Le temps d’une saison


Comme un vieux clown
Fardé de neige
Qui se blottit dans le jardin
Pour faire fondre les cœurs
Et craquer les bambins

Posé comme un oiseau
Sur ton nez qui picote
Tu souffles dans le vent
Un air qui ravigote

Même entre deux brindilles
Hissées dans le vent froid
Grelottent des bourgeons
Qui poussent entre tes doigts

Tu sèmes des cailloux
Le long de ton sourire
Comme un petit sentier
Lancé vers l’avenir

Comme un vieux clown
Fardé de neige
Qui s’attendrit dans le jardin
Où s’égoutte l’hiver
Et le nez des bambins

Les glaçons goutte-à-goutte
Enfièvrent ta casquette
Et tombent sur la route
En larmes d’escampette

Un rayon de douceur
Ton cœur est encore là
Comme une jolie fleur
Qui pousse entre tes bras

Tombée de ton manteau
Tu sèmes une étincelle
Qui fait fondre les cœurs
Comme neige au soleil


Rien qu’une fleur
Un perce-neige
Qui se cache au fond du jardin
Enfoui dessous la neige
Dans le cœur des bambins