LE VENT & LA COLÈRE

Le vent n’est pas la colère. Le vent soulève la braise. Il attise la colère et fait danser le feu. Pourtant le vent et la colère se ressemblent. La colère monte. Elle s’emporte comme le vent qui secoue les flammes.

Ce soir
tout était
combustible
Je prenais
le pouls de
la nuit
Mes pensées se
détachaient
dans la
pénombre

Quand la colère traverse les murs, la nuit devient friable. Le feu se propage dans ses veinures, là où le vent s’engouffre au fond d’un corps incandescent. On sent le vent fulminer comme le ferait la colère.

Les ombres
dansaient dans
mes yeux
L’obscurité
était palpable
De vieux
fantômes
sautaient
d’une braise
à l’autre

Le feu vacille à l’intérieur. La colère veut tout brûler. C’est un fauve insatiable qui grogne de rage dans un puits sans fond. Il arrive que le vent s’apaise, alors que la colère s’embrase pour dévorer la nuit. 

À l’aube
plus rien
ne bougeait
Le feu était
tombé en
cendres
J’avais déjà
la tête
ailleurs


22.09.2026 
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